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Religion ou ?


Les Nouveaux chiens de garde, extrait 3 par telerama

L’homme ou la machine ? Petite séquence vécue à La Poste

shadok devise pourquoi faire simpleCe matin, j’avais un livre à poster et un carnet de « timbres verts » à acheter. J’avais soigneusement emballé mon livre dans une lettre à bulles et suis sorti direction La Poste, sur la place principale de ma commune.

Devant moi, trois personnes attendent, une petite file d’attente, pas grand chose. Au bout de cinq minutes, ce que je pense être le directeur  de l’agence, bellement vêtu, sort d’un bureau et, en faisant l’économie des mots inutiles (bonjour, s’il vous plaît, je vous en prie), demande à chacun ce qui l’amène ici. Pas de chance, les requêtes matinales de ces messieurs-dames relèvent du comptoir « humain ». Jusqu’à moi.

« C’est pour un colis ? Ah, un livre ? Vous avez une machine, là. » (Son doigt désigne une boîte métallique greffée à un écran DAB-like.) « Bon, là, il y a déjà quelqu’un », se croit-il obligé de préciser en matant la cliente qui tapote sur le clavier de l’automate.

« Oui, mais j’avais une ou deux questions au sujet des tarifs aussi… »

« Mais les tarifs sont affichés ici, voyez. » (Le tiré-à-quatre-épingles me tire jusqu’au poster jauni…)

Sur ce, l’homme s’en va. Me laisse avec mon bouquin emballé. La jeune femme s’acharne sur la machine à colis depuis mon arrivée. J’ai même le temps d’atteindre tranquillement le guichet et converser avec une préposée sympathique qui me donne mon carnet et pèse mon colis, le tout en moins de cinq minutes. Alors que je paie une somme non négligeable ces modestes services, la jeune femme à-la-machine-et-au-colis revient, comme égarée, et demande à la guichetière :

« Le colis, je le pose où ? »

« Ici, Madame, sur le comptoir, n’importe où. »

« Merci, au rev… »

« Euh, Madame, vous avez eu un reçu avec la machine ? »

« Oui… »

« Il faut le tamponner, donnez-le moi. »

Elle fouille dans son sac, retrouve péniblement le ticket, se le fait tamponner puis s’en va, consternée.

La machine à peser-payer ne sait pas tamponner le ticket. Lui manque un bras, sans doute. À moins que ce ne soit les hommes, ceux qui décident de l’introduction de ces machines dans les petites agences, à qui il manque autre chose, allez savoir. Du bon sens. Peut-être.

 

Autour d’une statuette

Il faut remercier l’Académie des Oscars. Vraiment.

Pour avoir couronner un film muet dans un monde qui ne cesse de jacter.

Pour avoir récompenser un acteur caméléon attachant et drôle.

Pour avoir décerné le plus prestigieux des prix cinématographiques à un réalisateur audacieux.

Ok.

The Artist Dujardin et BejoMais cette vénérable assemblée de sages absolument totalement indiscutablement au-dessus de tout soupçon de céder à une mode, que dis-je une vague (orchestrée ?) qui déferle, a fait mieux que cela : elle nous aura permis d’être une fois de plus les témoins d’un spectacle récurrent et d’une puissance humoristique sans égale… celui des médias français en pleine extase patriotique.

Alors que les Oscars ont célébré un film-hommage au cinéma américain et en fait, au rêve américain, les médias français ont cru y voir un hommage au cinéma français et à sa production exceptionnelle. Les présentateurs, notamment des chaînes et des journaux d’information, ont inondé leurs téléspectateurs de fleuves d’adjectifs qualitatifs aussi gros les uns que les autres et ont présenté l’événement comme un exploit inédit du cinéma de France.

Oui il faut vraiment remercier l’Academy Award. Ce lundi 27 février 2012 aura été un épisode de plus illustrant l’extraordinaire niaiserie qui officie dans les couloirs des médias d’information. Pendant que les USA célébraient les USA, les français poussaient un Cocorico pour saluer le retour de la force du Made in France, si chère aux candidats à la Présidentielle 2012. Un Made in France qui n’existe déjà plus.